Une indemnité carburant de 50 € pour soutenir les travailleurs modestes grands rouleurs

12.05.2026

Face à la flambée des prix du carburant provoquée par la crise énergétique liée au conflit au Moyen-Orient, le Gouvernement a annoncé la création d’une indemnité carburant destinée aux travailleurs modestes utilisant leur véhicule personnel dans le cadre de leur activité professionnelle. 

Cette aide, officialisée par le décret du 30 avril 2026 publié au Journal officiel du 2 mai, vise à soutenir les « grands rouleurs » les plus exposés à la hausse des coûts de déplacement.

Quel est le montant de l’aide ?

Le montant de l’aide est fixé à 50 € par bénéficiaire. 

Cette somme sera versée directement par la Direction générale des finances publiques sur le compte bancaire communiqué à l’administration fiscale.

Le décret précise qu’un travailleur ne pourra percevoir qu’une seule indemnité et qu’un même véhicule ne pourra donner lieu à plusieurs versements.

Qui peut bénéficier de l’aide ?

Tous les travailleurs ne sont pas concernés par cette aide. Elle est soumise à des conditions strictes et cumulatives.

Les travailleurs doivent dépendre de leur véhicule

L’indemnité carburant concerne les salariés effectuant plus de 15 kilomètres par trajet et par jour entre leur domicile et leur lieu de travail (soit 30 km aller-retour)

Sont également éligibles les travailleurs utilisant leur véhicule dans le cadre de leur activité professionnelle — comme les infirmiers libéraux, aides à domicile ou aides-soignants. Pour ces travailleurs, la condition est de parcourir plus de 8 000 kilomètres par an (trajets domicile-travail inclus).

Les conditions relatives au véhicules

Par ailleurs, pour bénéficier de l’aide, le véhicule doit respecter certaines conditions. Ainsi, le véhicule concerné par l’aide doit :  

  • Être un véhicule terrestre à moteur (2, 3 ou 4 roues), 
  • Être thermique ou hybride non rechargeable, 
  • Être assuré à la date de la demande
  • Ne pas être considéré comme endommagé au sens du Code de la route. 

En revanche, plusieurs catégories de véhicules sont exclues du dispositif : véhicules électriques ou à hydrogène, poids lourds, véhicules agricoles, quadricycles lourds ainsi que les véhicules de fonction ou de service pris en charge par l’employeur.

Pour en savoir plus sur les véhicules de fonction, vous pouvez consulter notre article sur leur évaluation.

Les conditions relatives aux revenus

Pour bénéficier de cette aide, le demandeur doit être âgé d’au moins 16 ans au 31 décembre 2024 et être domicilié fiscalement en France

Il doit également avoir perçu en 2024 des revenus d’activité relevant des traitements et salaires, des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), des bénéfices non commerciaux (BNC) ou des bénéfices agricoles (BA).

Le dispositif est réservé aux foyers fiscaux dont le revenu fiscal de référence par part ne dépasse pas 16 880 €. Selon le ministère de l’Économie, ce plafond correspond approximativement à :

  • 1 508 € nets mensuels pour une personne seule ;
  • 3 771 € nets pour un couple avec un enfant ;
  • 4 525 € nets pour un couple avec deux enfants.

Les salariés rémunérés au SMIC en 2024 pourront donc bénéficier de cette aide. 

Pour connaître les chiffres clés de 2026, nous vous invitons à lire notre article dédié à ce thème.

À l’inverse, les contribuables assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) sont exclus du dispositif.

Comment demander l’aide ?

Les demandes devront être déposées en ligne sur le site des impôts à partir du 27 mai 2026 et pendant une période de deux mois. 

Les bénéficiaires devront remplir un formulaire dématérialisé depuis leur espace personnel sur le site des finances publiques.

Les informations demandées incluront notamment :

  • l’état civil du demandeur ;
  • son numéro fiscal ;
  • le numéro d’immatriculation du véhicule ;
  • le numéro de la carte grise ;
  • une attestation sur l’honneur relative aux distances parcourues.

Quels contrôles de la part de l’Administration ?

Les bénéficiaires devront conserver l’ensemble des justificatifs prouvant leur éligibilité pendant une durée de cinq ans. L’administration fiscale pourra demander la communication de ces documents à tout moment durant cette période.

En cas de versement indu, les sommes perçues devront être remboursées. 

Des majorations sont prévues en cas de fraude ou de manquement délibéré : 

  • 50 % en cas d’erreur volontaire 
  • et jusqu’à 100 % en cas de fraude caractérisée.

Vous pouvez consulter le décret du 30 avril 2026 directement sur le site de Légifrance.