Le gouvernement dévoile un plan global pour réduire les arrêts de travail

12.05.2026

Lors d’une conférence de presse tenue le 9 avril 2026, le gouvernement a présenté un nouveau plan d’actions visant à réduire les arrêts de travail et à mieux encadrer leur usage. 

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS 2026) et du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, actuellement en discussion au Parlement.

Ce plan repose sur trois grands axes : la prévention en entreprise, l’amélioration du retour au travail et le renforcement de la lutte contre les abus.

Une stratégie déjà engagée dans la LFSS 2026 et le projet de loi Fraudes

La LFSS 2026 prévoit plusieurs mesures sur le sujet à partir de 2026 et 2027. Parmi elles, nous pouvons notamment retrouver la limitation de la durée des prescriptions des arrêts de travail à :

  • 1 mois maximum pour un premier arrêt,
  • 2 mois en cas de prolongation (sauf exceptions).

Le décret d’application est en cours de finalisation et devrait être publié en juillet 2026.

Par ailleurs, la loi prévoit également de limiter la durée de versement des indemnités journalières pour les accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP), avec une durée maximale envisagée de 4 ans. Ce dispositif pourrait entrer en vigueur en janvier 2027.

Nous vous invitons à consulter notre article sur les nouveautés sociales contenues dans la LFSS pour 2026.

Le projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales vient compléter ce dispositif en renforçant les contrôles et en encadrant davantage les prescriptions médicales. Il contient notamment une mesure controversée visant à suspendre automatiquement les indemnités journalières en cas de contre-visite médicale concluant à un arrêt injustifié.

Un plan autour de trois priorités

Le nouveau plan présenté par le gouvernement s’articule autour de trois axes principaux mobilisant employeurs, salariés et professionnels de santé, avec l’appui des partenaires sociaux dans le cadre de la conférence « Travail Emploi Retraites ».

1. Favoriser la prévention en entreprise

Le premier pilier vise à mieux outiller les entreprises en matière de santé et de sécurité au travail. 

Ainsi, depuis le 10 avril 2026, un espace dédié a été mis en ligne par le ministère du Travail, proposant des outils d’auto-diagnostic et des ressources pratiques que vous pouvez retrouver ici.

Plusieurs acteurs institutionnels sont mobilisés, notamment la CNAM, l’ANACT et l’INRS.

Le plan prévoit également :

  • une campagne nationale sur la santé mentale au travail,
  • le déploiement de démarches de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT),
  • la publication du Plan santé travail 2026-2030 en mai 2026.

Par ailleurs, la prévention passe également par mieux accompagner les entreprises à fort absentéisme.

De ce fait, le gouvernement souhaite cibler les entreprises présentant des taux d’absentéisme élevés, notamment dans les grandes structures multi-sites et les secteurs où des écarts significatifs sont constatés.

Les entreprises considérées comme « atypiques » - à savoir celles dont le taux d’absentéisme est élevé par rapport aux autres entreprises du même secteur - pourraient faire l’objet d’un suivi renforcé, voire d’un signalement au ministère du Travail en cas d’absence de mesures correctives sur plusieurs années.

2. Faciliter la reprise anticipée du travail

Le troisième axe vise à favoriser un retour plus progressif des salariés en arrêt. Le médecin prescripteur pourra désormais indiquer si une reprise anticipée est possible, avec des aménagements comme le télétravail ou le temps partiel thérapeutique.

Cette reprise restera conditionnée à l’accord de l’employeur et à l’avis de la médecine du travail.

Vous pouvez consulter notre fiche pratique sur le temps partiel thérapeutique pour avoir plus de précisions à ce sujet.

3. Renforcer la lutte contre les abus 

Enfin, le plan prévoit un durcissement des contrôles dès 2026 afin de lutter contre les abus et les sanctionner :

  • encadrement du « nomadisme médical »,
  • ciblage des arrêts très longs (plus de 18 mois ou 3 ans pour les AT/MP),
  • contrôle des arrêts prescrits en téléconsultation.

Les employeurs pourront également signaler plus facilement les suspicions d’abus via un dispositif simplifié de type « bouton d’alerte », mis en place d’ici fin 2026.

Par ailleurs, le gouvernement n’exclut pas de nouvelles discussions sur le délai de carence ou le niveau d’indemnisation des arrêts de travail. Toutefois, ces décisions seront prises dans le cadre du dialogue social, sans arbitrage unilatéral de l’État.

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